l’AFTC  POITOU-CHARENTES a présenté les cinq logements accompagnés des Montgorges

à la conférence « Architecture et handicap »

Maison de l’Architecture

1,rue de la Tranchée à Poitiers à 19h.

Mardi 30 Mai

« Architecture et Handicap : jusqu’où aller dans l’accessibilité? »  http://mdapc.fr/schedule/architecture-et-handicap/

Étaient donc présents :

  • Nadia Sahmi, architecte spécialisée dans les questions d’accessibilité et de qualité de vie pour tous
  • Guy Le Charpentier, co-gérant de l’entreprise ReSanté-vous
  • Bernard Cornu, adjoint délégué à l’urbanisme de la Ville de Poitiers
  • Abderrazak Halloumi, adjoint au maire de Poitiers en charge du handicap et des luttes contre les discriminations. Conseiller communautaire de Grand Poitiers.
  • L’association AFTC Poitou-Charentes (Association des familles de traumatisés crâniens et de cérébro-lésés) représentée par Mme Del Degan

 ARTICLE NOUVELLE  REPUBLIQUE  de Marie-Catherine Bernard

Depuis moins d’un an, des personnes traumatisées crâniennes résident dans des appartements du quartier des Montgorges, dans un immeuble qui héberge également des seniors et des familles. Cette « inclusion » est due à la volonté de l’Association des familles de traumatisés crâniens et cérébrolésés du Poitou-Charentes (1). Mardi, à la Maison de l’architecture, Marie-Françoise Del Degan, membre du conseil d’administration, a évoqué la construction du projet dans le cadre d’une conférence sur « Architecture et handicap, jusqu’où aller dans l’accessibilité ? ». 70 personnes (dont de nombreux étudiants en ergothérapie, des architectes) ont participé à cette rencontre inscrite dans le programme du festival Les Accessifs.

Marie-Françoise Del Degan, dont la fille a été victime d’un gravissime accident avenue de la Libération, a témoigné à quel point ces événements fracassaient des vies. « Il faut tout repenser qu’il s’agisse du quotidien, de l’habitat, du cheminement », souligne-t-elle. Après avoir séjourné de longs mois dans des établissements spécialisés, des handicapés ne veulent plus de structures. « Ils veulent revenir à la vie d’avant, vivre chez eux, à leur rythme, parmi les autres mais avec une aide adaptée. D’où la nécessité de créer d’autres types d’habitat. »

«  Faire du beau est possible !  »

Le projet aux Montgorges a été monté avec le bailleur social Logiparc (désormais Ekidom). Cinq appartements de 53 m2 sont disponibles, quatre occupés, la salle de repas et la buanderie sont communes. Cinq assistantes de vie assurent une présence quotidienne.
Quelques couacs dans l’aménagement des appartements pouvant éventuellement être destinés à des « valides » ont été pointés du doigt. Ils ont fait bondir l’architecte tourangelle Nadia Sahmi, spécialisée dans les questions d’accessibilité et de qualité de vie pour tous. « Ce n’est pas parce qu’on est handicapé qu’on doit subir ça !, s’insurge-t-elle. Faire du beau est possible - l’exposition le démontre (2)- et c’est l’affaire des architectes, mais à condition de partir du projet de vie, du projet de quartier. Il faut avoir une approche humaine. » Elle a participé à la rédaction de la loi sur l’accessibilité de 2005, mais celle-ci a « cloisonné «  les handicapés  », «  les vieux  », au lieu de penser au vivre avec. Il faut donc faire autrement, chercher des dénominateurs communs utilisables par tout le monde ».
Les écueils de la loi de 2005 ont également été critiqués par Abderrazak Halloumi, adjoint au maire à l’accessibilité. Il préconise « d’aller vers une forme d’accessibilité raisonnée ».
Pour Bernard Cornu, adjoint à l’urbanisme, si les espaces vierges comme les Montgorges sont propices à la mixité humaine, l’existant plein d’embûches l’est moins. Toutefois, il faudra rendre la ville peu à peu accessible à tous.

(1) www.aftc-poitoucharentes.fr (2) « Quand l’architecture efface le handicap » à la MDA, 1, rue de la Tranchée. Tél. 05.49.42.89.79.

Marie-Catherine Bernard